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Les Postures de Transe


 

Plus haut, dans ce livre, je vous ai parlé de la possibilité pour vous d'expérimenter concrètement des ENOCs pour votre plus grand bénéfice physique, mental et éventuellement aussi spirituel. Car, et vous le savez maintenant : la transe peut ne pas être réservée aux spécialistes – tout être humain de bonne volonté possède en lui cette aptitude, naturelle à l'homme et universelle, de s'ouvrir aux ENOCs. Vous pouvez – vous devez  – devenir votre propre chaman : pour vous sentir mieux, ou pour découvrir cette richesse d'un monde plus riche et plus vaste que le simple plan matériel que nous expérimentons tous les jours en ECO.

 

Les messages des Ancêtres

Je vais vous parler de Felicitas Goodman. C’est une femme étonnante, capable de perceptions particulières, une femme de science et aussi respectueuse de la vie, de la nature et du savoir ancestral (ce patrimoine que nous ont légué les Ancêtres). Cette chamane spontanée, nous a ouvert la voie, nous a tracé le chemin. Elle est une de celles et de ceux qui ont « bouclé la boucle » : relié l'homme d'Occident à son être d'homme vrai, capable de s'ouvrir à d'autres champs d'expérience et de retrouver son unicité avec la nature et avec ceux qui l’ont précédé sur notre magnifique Terre-Mère.

En fait, les Ancêtres nous ont laissé tout ce qu'il fallait pour que nous puissions reprendre contact avec nos vraies capacités de découverte et de communion avec l'Invisible...

Felicitas Goodman a retrouvé ces traces, ces messages laissés, parfois depuis des temps immémoriaux, dans la pierre, dans le bois, dans la terre cuite ou dans le métal : les postures permettant à chacun de nous, avec un peu d'entraînement, d'expérimenter les ENOCs.

Il est intéressant de se pencher sur la succession d'éléments qui ont amenés cette femme à cette (re)découverte.

Née en 1914 en Roumanie, après la deuxième guerre mondiale, elle émigre aux États-Unis avec sa famille. Comme nombre de nouveaux arrivants en Amérique, elle connaît alors la détresse d'avoir quitté la terre natale, la pauvreté et la peur de l'avenir : elle se réveille bien des nuits en cherchant à étouffer l’anxiété qui monte de ses rêves-souvenirs de la guerre. Felicitas trouve assez rapidement un travail de traductrice de textes scientifiques, mais ce n'est que sept ans après son arrivée que les perspectives matérielles deviennent enfin plus souriantes.

 

Les Esprits des Indiens

Elle part un jour en excursion au National Park du Kentucky et là, couchée dans l'herbe, elle contemple la splendeur du ciel – des nuages floconneux émaillent le bleu du firmament et pendant qu'elle les regarde, elle a une vision : elle voit une scène dans laquelle des guerriers indiens, portant de somptueux ornements de plumes, préparent l'enterrement d'un des leurs. Un peu plus tard, sur le chemin du retour, elle lit une pancarte mentionnant l'histoire de ce lieu : ce sol, « sombre et sanglant », avait été un des « terrains de chasse » des Blancs – et leur gibier furent les Indiens, tués ici en très grand nombre.

Cette vision impressionne considérablement Felicitas et va être le premier pas sur son évolution future. Quelques années plus tard, en 1961, des amis l'invitent au Mexique et lui proposent d'assister à la Fête du Maïs qui a lieu à Santo Domingo, un village indien près du Rio Grande. Il s'agit d'un rituel de fertilité ancestral pendant lequel des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants dansent du matin jusqu'au coucher du soleil, menés par des chœurs d'hommes et un grand tambour dont la sonorité profonde résonne, comme les battements du cœur de la Terre-Mère, à travers le pays désertique.

Cette nuit-là, Felicitas a un rêve, ou plutôt une nouvelle vision : elle voit trois vieux Indiens devant sa fenêtre, habillés de vêtements d'apparat et l'un d'entre eux porte le grand tambour. Avec la baguette de ce tambour, il frappe sur la vitre puis il fait signe à Felicitas de les suivre. La vision disparaît alors en lui laissant un intense sentiment de bonheur.

À cette époque, la résidence habituelle de Felicitas est dans l’Ohio et elle ne connaît pas encore la littérature ethnographique touchant aux Indiens Pueblo. Mais elle a vraiment l'impression que les esprits des anciens Indiens lui sont apparus pour l'inviter à venir résider dans leur pays. Presque en état de somnambulisme, Felicitas décide alors d'accepter cette invitation et d'acheter un morceau de cette terre magique. Cela va lui prendre des années et ce n'est qu'en 1963 qu'elle parvient à cette fin : elle acquiert une centaine d'hectares de terre aride dont son avocat lui dit : « N'achetez pas cela ! Nous appelons cet endroit le désert de Pojoaque. »[1]

Felicitas ne devait jamais regretter son achat : de toutes part, sa propriété est entourée de villages Pueblo encore traditionnels. Elle aime l'ambiance et ce qu'elle ressent se dégager de cette terre encore préservée de la « civilisation » : les collines sont vierges de constructions, pas de goudron mais du sable doré ; il s'y trouve des arroyo (des canaux asséchés la plupart du temps et seulement inondés lors des pluies tropicales), de profondes tombes et aussi des traces d'éruptions volcaniques vieilles d'un million d'années. La nuit, les coyotes s’esclaffent et les esprits murmurent dans les rêves...

En 1965, Felicitas finit par pouvoir construire une petite maison sur son terrain[2].

 

Les Blancs et la transe

Felicitas avait entrepris, quelques semestres auparavant, des études d'anthropologie et de linguistique à l'université. Elle y bénéficie de l'enseignement de la grande Erika Bourguignon, une des premières anthropologues à avoir établi que la transe, loin d'être un état pathologique, était un état modifié de conscience, un ENOC, naturel et salutaire. Felicitas obtient ainsi son doctorat et aussi, en 1968, un poste d'enseignante à la Denison University (Ohio).

Ses travaux de recherche l’avaient amenée, à partir de 1965, à s'intéresser aux états de transe religieuse chez les Pentecôtistes, ces groupes religieux chrétiens qui pratiquent la glossolalie[3] en état de transe pendant les services religieux. Dans le droit fil de son travail scientifique, Felicitas est ensuite amenée à étudier d'autres congrégations chrétiennes au Mexique, lesquelles, comme les Pentecôtistes, aspirent à la manifestation de l'Esprit Saint sous la forme de l’ENOC de la transe glossolalique. Elle fait de nombreux enregistrements audio de ces séances de transe et tourne un film au Yucatán.

Dans les cours qu'elle donne à ses étudiants, elle parle de ses recherches, fait écouter les cassettes audio, visionner le film, décrit le bien-être ressenti par ceux qui avaient participé aux cérémonies impliquant des ENOCs. Les étudiants sont passionnés et lui demandent :

– Ne pourrions-nous pas apprendre par nous-mêmes à entrer dans ces états de transe ?

C’est alors que commencent les expériences de transe avec des Occidentaux – avec des résultats de plus en plus surprenants.

Au fil du temps, Felicitas se rend compte que certaines postures du corps, répandues dans les ethnies des cinq continents, sont des moyens d'induire des états de transe à la condition d'y adjoindre un rythme sonore précis. Et non seulement cela, mais elle découvre que chacune de ces postures tend à être spécialisée, c'est-à-dire qu'elle tend à donner accès à un vécu spécifique, à une aire de l'Invisible plus ou moins homogène ou encore à un effet précis. Les recherches de Felicitas lui permettent ainsi de dégager un vingtaine de ces postures et de cerner la « spécialité » de chacune et elle découvre qu'il y a là des postures ouvrant à des transes :

  • De guérison
  • De voyance
  • De voyage chamanique
  • De métamorphose
  • De quête d'informations pour les rituels....

Depuis quelques décades et grâce à cette femme, des groupes d'Américains et d'Européens de toutes les couches socioprofessionnelles ont pu expérimenter les postures de transe. C'est d'ailleurs de leur vécu qu'a pu être dégagée les particularités des postures. En bonne scientifique, voici comment Felicitas procède : elle tait à ses sujets à quoi est destinée la posture qu'elle leur fait prendre et, après la transe, ils écrivent leur ressenti, leurs rencontres, leurs visions. C'est en collationnant ces informations que s'est progressivement dégagé la finalité de chacune de ces postures.

Pour Felicitas, ces postures nous ont été léguées par les ancêtres : en effet, elles se trouvent dans les musées ethnographiques du monde entier, représentées sur des statuettes, des bas-reliefs, des poteries, des peintures – dont l’une remonte à 14 000 ans dans le passé. Il suffisait de regarder ces trésors et d'en comprendre intuitivement le message pour nous « rebrancher » sur les ENOCs – mais encore fallait-il avoir sur eux ce regard spécifique. Felicitas a compris que cette iconographie traditionnelle nous transmet, en héritage, le savoir de nos aïeux : les clés pour nous rouvrir ces portes des ENOCs que nous avons condamnées, que nous nous sommes interdit de franchir, depuis quelque 350 ans...

 

Rien ne se perd, de ce qui est important

J'aimerai ouvrir ici une parenthèse et vous rapporter une conversation entre ma femme et André Bola[4] : un de nos professeurs d'ethnologie que nous aimions beaucoup, un Africain exilé de son pays par la dictature en place. Cela remonte à bien des années maintenant. Erica, avec tristesse :

– Les cultures traditionnelles sont aujourd'hui presque partout acculturées. Elles ont perdu leurs connaissances au contact de notre société de consommation. Lorsque tout ce qui reste, par exemple de la culture Aranda, en Australie, est un amas de bobines de films dans les sous-sols d'une université australienne, je trouve cela tragique. C'est dans les années 1950 que les Aranda ont décidé de pratiquer pour la dernière fois leur rite le plus important, celui de la régénérescence du monde, et de laisser ensuite leur culture et leurs secrets disparaître. Et puis, ils se sont fondus dans la misère que leur offraient les Blancs en ayant perdu leur modèle du monde et le contact avec leurs traditions. C'est effrayant quand on pense à la perte irrémédiable que cela représente. On dit en Afrique : « quand aujourd’hui un vieillard meurt, c'est toute une bibliothèque qui disparaît ».[5] Le peuple Aranda qui se meurt en tant que culture, c’est tout un patrimoine humain qui rentre dans le néant et est perdu pour toujours.

Et voici la réponse que André a alors faite avec un sourire ambigu :

– Ne t’inquiète pas : tant qu'il y aura les Ancêtres, rien ne peut être perdu. Car, lorsqu'ils en décident ainsi, ils soufflent aux hommes tout ce qu'ils doivent savoir pour retrouver les traditions et les secrets oubliés. Et les Ancêtres seront là pour inspirer leurs fils et leurs filles lorsque ce sera nécessaire. Aussi, je n'éprouve ni peur, ni tristesse, ni amertume, lorsque je constate tout comme toi l’acculturation dans les sociétés traditionnelles. La Connaissance reviendra quand l'heure en sera venue : les Ancêtres en sont les garants, les dépositaires et les dispensateurs.

Pour Erica, ces phrases furent comme une révélation : elle a réalisé alors que rien ne peut être perdu de ce qui est important, cela peut être seulement occulté par le rideau de brume de l'ECO. Les ancêtres, ou les esprits, ou les symboles/archétypes, ou la connaissance fondamentale dormant dans l'Inconscient Collectif – quel que soit le nom que l'on veuille donner à cela – sont accessibles. Pour cela, il suffit de franchir le mur de brume et d’ouvrir ensuite les yeux, les oreilles, le cœur et l'esprit... C’est ce qu’a fait Felicitas Goodman et elle a ainsi redécouvert des secrets oubliés...

 

À l'annexe 1 (à la fin de cet ouvrage) vous pourrez expérimenter par vous-même deux Postures de Transe... Car les Postures que nous ont léguées nos Ancêtres, alliées à un battement sonore rythmé à exactement trois hertz, sont la plus facile des voies d'accès à ces ENOCs oubliés par notre culture pour :

  • Devenir soi-même son propre chaman
  • Avoir par soi-même un accès à ses forces de guérison physique et psychique
  • Éliminer ses peurs, ses phobies
  • Découvrir les richesses insoupçonnées en ECO
  • Grandir psychologiquement ou même spirituellement...

Une puissante thérapie

Mon épouse, dans son activité de relaxologue et de psychothérapeute, a souvent recours à la thérapie par la transe. Pratiquement chaque personne à qui l'on fait expérimenter une posture ressent un très rapide et très évident bien-être – son stress s’évapore, l’énergie saine lui revient, l’équilibre général de sa personnalité s’améliore. Le plus souvent même, une sensation d’euphorie s’installe, chassant déprime, angoisses et activant l’envie d’agir et l’élan. Si tout le monde n’a pas tout de suite des images flamboyantes, les sensations de plénitude physique, de prise de force et d’optimisme sont tout à fait courantes.

Aujourd’hui, grâce aux nouvelles découvertes scientifiques, on comprend mieux pourquoi la transe a de tels effets : elle amène notre organisme à fabriquer de merveilleuses substances appelées endorphines et qui sont :

Des remèdes naturels de première catégorie contre la souffrance, le mal-aise physique et psychique.

Donc, ne vous privez pas d’utiliser ces postures : vous n’avez rien à y perdre et tout à y gagner...

 

Maintenant, poursuivons votre découverte et abordons cet autre ENOC que j’ai déjà évoqué plusieurs fois : l’OBE, Out of Body Experience, c'est-à-dire ce voyage hors du corps qu'en psychologie on appelle autoscopie ou transe ecsomatique et en ésotérisme voyage astral....



[1] - Felicitas Goodman - Wo die Geister auf den Winden reiten - Hermann Bauer Verlag - page 20.

[2] - Après sa retraite, Felicitas en fera le Cuyamungue Institute, l’endroit où elle continuera jusqu'à sa mort en 2005 à aider les Blancs à expérimenter la transe.

[3] - La glossolalie est ce qu'on appelle communément « parler en langues ». Dans cet état particulier de transe, les sujets émettent des séries de sons, d'onomatopées, de « mots », totalement inconnus mais chargés de sens pour eux. Les personnes en état de transe glossolalique se comprennent entre eux, alors que les personnes extérieures à la transe n'y entendent qu'une série de phonèmes sans signification. Et le plus étonnant est que chaque personne en transe parle une « langue » dont les caractéristiques sont tout à fait différentes de celles des autres personnes en transe glossolalique.

[4]Il est à présent parti dans le monde des esprits. Pour le rencontrer, il nous reste néanmoins quelques images de lui : http://ethnologie.unistra.fr/accueil/galerie-multimedia/andre-bola.

[5] - En Afrique traditionnelle (comme dans la plupart des cultures traditionnelles), c'est par la tradition orale que se transmettait tout le savoir : les contes, les mythes, la philosophie, les connaissances, l'histoire... Tout cela était confié à la mémoire de l'homme vivant et non aux livres.