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L'OBE

 

Nul ne peut savoir en toute certitude si la mort débouche sur le néant ou sur une autre sorte, ou forme, ou mode de vie – dans un ailleurs. Toutefois, non seulement il ne coûte rien de faire à ce propos le pari de Pascal – admettre que la deuxième hypothèse est possible et agir en conséquence – mais de plus une telle attitude enrichit les possibilités et donne des ouvertures plus intéressantes et plus riches. En particulier lorsqu'il est question d'ENOCs...


Ainsi, alors que le troisième millénaire après Jésus-Christ approche, les scientifiques abandonnent la poursuite de la Vérité [...]. Il peut exister des choses vraies dans l'Univers qui ne peuvent pas être connues au sens scientifique du terme. / Ian Stewart –  mathématicien, chercheur


La mort ne serait pas une fin

 

La peur de la mort, dans notre culture, est certainement l'un des pires empêchements de bien vivre qui soit. Car l'Occident ne veut plus rien savoir de la mort : il la cache dans les sous-sols de ses hôpitaux et sous l’épais maquillage des défunts lorsqu'il advient qu'on les expose pour la dernière fois au regard des vivants. La mort est devenue taboue : on en parle le moins possible, on s'efforce de l'oublier. Et quand d'aventure on y pense, c'est pour en chasser l'idée (vite, vite !) et appesantir (vite, vite !) son regard sur la belle jeunesse qui rit et surfe près d’un lagon fleuri dans les publicités à la télé...

Il est vrai que pour l'Occident matérialiste et quantifieur dominé par l'ECO, la mort est par excellence le domaine où plus rien ne peut être pesé, hormis le corps vidé de sa vie. Rien, en ECO ni en science, ne peut rendre compte de la mort. Pourtant toutes les cultures connues du monde, du plus lointain passé jusqu'à aujourd'hui, l'affirment : la mort n'est pas une fin... Si nos très anciens ancêtres du Paléolithique, il y a cent mille ans, enterraient déjà leurs morts de manière rituelle, ce n'était sans doute pas seulement pour se débarrasser ainsi d'un « sac d'os et de viande »...

– Ah oui ! : conception prélogique ! dit l'Occidental bon teint (dont le cœur saute un battement quand il pense à sa mort...).

Il est troublant de constater que la seule culture historique connue qui ait occulté la mort et considéré que cette dernière est le terminus absolu de l'être, soit également la seule culture au monde qui ait éliminé les ENOCs de ses traditions et de ses pratiques. Ce n'est pas là une coïncidence : c'est une relation de cause à effet. Car seul l'ENOC permet d'aller voyager dans des outre-mondes qui pourraient bien coexister avec notre monde apparent et dont nous séparerait, si l’on en croit ceux qui y sont allés, seulement la faible épaisseur d’un papier à cigarette...

 

Peut-être est-ce un voyage...

Vous faites certainement comme moi : lorsque je pars en voyage, j'essaye de m'informer sur les conditions locales que je vais trouver à destination, sur le climat, les coutumes et, parfois, j'en apprends un peu la langue. M'informer de cette manière me permet de savoir quoi emmener dans mes bagages et aussi de me préparer psychologiquement à différentes éventualités. Ce genre d'attitude est d'ailleurs absolument fondamental pour l'anthropologue que je suis car, une fois sur le terrain dans le North Dakota, je ne peux guère dire :

– Attendez ! J'ai oublié de prendre mon dictionnaire anglais-lakota. Je dois aller le chercher à Strasbourg. »

Or, nous avons tous à nous préparer à ce possible « voyage » qui nous attend au bout de notre vie : aucun d'entre nous n'y échappera. Nous y préparer, oui, mais non pas en mode pessimiste (« La vie, c'est une sinistre plaisanterie ! La preuve : on n’en sort jamais vivant... ») et pas davantage en mode dépressif (« À quoi bon s'évertuer puisque la mort est au bout ! »). Mais en mode riche, actif, généreux, ouvert et... curieux d'esprit : être prêt à un éventuel outre-monde bien rempli, après une vie ici bien remplie elle aussi.

Alors si, en effet, « quelque chose » de nous survit, ce n'est manifestement pas le corps dont la matière se déstructure si visiblement après le départ de ce qu'on pourrait appeler un principe de vie. Ce principe de vie siège-t-il dans des corps subtils ? Doit-on l'appeler âme, esprit, souffle, essence, kâ, mana ou autrement encore ?.. Mais le nom a-t-il vraiment une importance ? Car là encore, le nom qu'on lui donne relève de l'ECO – et l'expérience vivante que l'on peut en faire, elle, relève de l'ENOC.

Par ailleurs si vraiment, comme toutes les traditions l'affirment le corps n'est que le véhicule temporaire de ce principe de vie, pourquoi ce dernier ne pourrait-il pas s'en éloigner parfois temporairement pour aller explorer d'autres plans ? – après tout, nous pouvons bien sortir de notre voiture pour aller nous promener dans les splendeurs du Hoggar, et puis nous y rentrons à nouveau pour retourner au campement.

Toutes les traditions en ont la conviction : il y a des aspects subtils de notre être qui peuvent s'éloigner du corps et aller découvrir d'autres lieux. Davantage encore : pour beaucoup de cultures, certains rêves nocturnes sont des échappées de la prison de la matière et de véritables ballades dans différents plans de l'Invisible. L'initié et le chaman peuvent aller consciemment dans ces lieux pour :

  • Y agir
  • Se former, s'informer
  • Soigner, guérir
  • Y trouver aides et conseils pour eux-mêmes, pour un patient ou pour leur peuple...

Ils en rapportent des récits, des descriptions qui pourraient bien – si nous acceptions de les écouter avec l'esprit ouvert – nous donner ces informations précieuses qui nous permettrons, à nous, le moment venu, d'emporter les bons bagages, utiles à notre meilleure vie, « là-bas »...

 

Un homme ordinaire

Robert Monroe (1915 – 1995) est peut-être l’occidental le plus familiarisé avec ce qui pouvait l'attendre de l’autre côté – et il n'en avait nulle crainte. Pendant toute sa longue vie, il a déblayé le chemin, trouvé des réponses, ouvert la voie à d'autres et il a même parfois aidé quelque défunt à s'y retrouver, dans cet autre côté-là. Son « passeport » était prêt : il savait. Et quand on sait ce que l'on va trouver dans le voyage, on n'a pas peur.

Robert Monroe avait été éduqué dans une famille d'universitaires et il avait reçu une formation intellectuelle supérieure à la moyenne. En 1958, il est marié, mène une vie normale, est plutôt fortuné (ingénieur et producteur d'émissions de radio et de télévision aux États-Unis), vit agréablement dans une belle campagne américaine. Il utilise des techniques d'apprentissage durant le sommeil dont il dit lui-même que c'est la seule chose un peu spéciale qu'il pratiquait à cette époque-là.[1]

Un dimanche après-midi, il est seul chez lui et il s'étend pour une sieste sur le canapé du salon. Il voit alors un rayon lumineux qui ne pouvait pas exister eu égard à l'exposition de la maison. Lorsque le rayon le touche, le corps de Robert Monroe est pris d'une incompréhensible vibration qui finit tout de même pas s'apaiser. Croyant à un malaise passager, Robert n'y attache pas trop d'importance, mais cela se manifeste neuf fois au cours des six semaines suivantes. Il consulte successivement plusieurs médecins et tous le trouvent en bonne santé : ni épilepsie ni tumeur cérébrale, juste peut-être un peu de surmenage.

Les mois passent, la vibration continue à apparaître certaines nuits, parfois accompagnée d'autres manifestations : bruit, impression d'étincelles. Et puis, une nuit, voilà que la vibration arrive et là, Robert touche le tapis d'une main et constate que ses doigts s'enfoncent dans le plancher, le bras suit et, finalement, il sent le contact de l'eau sur sa main. C'est alors seulement qu'il réalise la situation : il se sent tout à fait lucide, conscient. Il se voit allongé dans le lit sous les couvertures, au premier étage de la maison, respirant paisiblement aux côtés de sa femme endormie. Et en même temps, sa main joue dans un baquet d'eau au rez-de-chaussée avec la sensation du contact de l'élément liquide. Il se dit :

– Comment se peut-il que je sois conscient à tous égards alors que je continue à « rêver » que mon bras traverse le plancher de ma chambre ?

Rien dans ce que connaît Robert Monroe ne peut l'amener à interpréter cela autrement que comme des malaises physiques ou psychologiques. Pensant qu'il est sujet à des hallucinations, il décide de consulter un psychiatre de renom – qui dédramatise le cas et juge Robert normal. Ces choses étranges continuent toutefois à se produire jusqu'au jour où... il se sent au plafond tout en se voyant dormir là, en bas, dans son lit. Il pense alors qu'il est en train de mourir et qu’en fait les vibrations le tuaient à petit feu depuis des mois. Tel un plongeur, il se précipite alors sur son corps et le réintègre aussitôt. C'est alors à nouveau la valse des examens médicaux, encore plus approfondis, qui se soldent une fois de plus par un constat de normalité. Ordonnance médicales : des tranquillisants. Finalement, un psychologue de sa connaissance auquel il raconte ses aventures nocturnes, lui dit :

– Certains adeptes du yoga prétendent pouvoir quitter leur corps physique à volonté, pendant un certain temps. Ils affirment pouvoir aller là où ils le désirent. Essayes donc d'en faire autant... En tous cas, pourquoi ne lirais-tu pas des ouvrages sur le sujet ?

Peu après cette conversation et malgré ses réticences, Robert s'informe de mieux en mieux sur le sujet et il commence progressivement à maîtriser ses sorties hors du corps – puisque c'est bien de cela qu'il s'agit. En se souvenant de ses doutes quant à sa santé mentale et de l'incapacité des médecins et psychiatres à l’aider, il se dit aussi qu'il doit y avoir des milliers de personnes internées dans les hôpitaux psychiatriques à la suite de telles manifestations, pourtant tout à fait naturelles.

Si vous souhaitez avoir de plus amples informations quant aux découvertes de Robert Monroe dans cet ENOC qui en vint à s'appeler OBE – out of body experience, expérience hors du corps : c'est le voyage astral de l'ésotérisme occidental – je ne peux que vous renvoyer à ses livres traduits en français[2]. Je me borne donc ici à brosser en quelques lignes la suite de son aventure.

 

Les sons binauraux

Robert Monroe participe ensuite à des expériences en laboratoire avec le professeur Charles Tart[3], spécialiste américain dans l’étude des ENOCs. À son propos, le professeur Tart écrira :

– Robert Monroe est unique parmi le petit nombre de personnes ayant vécu les OBE répétés.

À la suite de ces expériences, Charles Tart attestera avoir été témoin de phénomènes relevant du parapsychologique et tendant à prouver la réalité de la décorporation de Robert. D'autres témoins dignes de foi constatèrent d'ailleurs à leur tour la réalité des informations rapportées par Robert de ses « voyages » – informations qu'il lui était impossible de connaître selon les voies de perception normales.

En 1972, Robert Monroe est à la tête d'une entreprise réalisant plus de soixante millions de dollars de chiffre d'affaire. C'est alors qu'il décide de quitter son siège de directeur et de fonder l'Institut Monroe en Virginie afin d'y faire procéder à des recherches sur l'OBE. Il avait découvert et mis au point vers 1969 un moyen technique facilitant l'obtention d'ENOCs : l'utilisation de sons binauraux qui ont pour particularité d'aider à la synchronisation des deux hémisphères du cerveau. Il appela ce procédé HemiSync. Le principe est le suivant : l'HémiSync™ consiste à utiliser une fréquence sonore différente dans chaque oreille. Chaque oreille étant corrélée à son hémisphère cérébral, ce son binaural influence le cerveau qui tend à se mettre en phase avec cette stimulation sonore. Cet effet, découvert par l’équipe de Monroe, est appelé FFR : frequence following reaction. C'est donc une technique audio – et, en ce sens, Robert Monroe peut être considéré comme un des tout premiers techno-chamans[4].

C'est ainsi, avec l'aide de la technique HemiSync et sous contrôle scientifique fait avec l'aide d'instruments sophistiqués, que de nombreux sujets expérimentent divers ENOCs à l'Institut Monroe : expansion de la conscience, OBE, channeling, etc... Parmi ces sujets il y des scientifiques de renom (tels Rupert Sheldrake ou Élisabeth Kübler-Ross) et des médecins, des ingénieurs, des militaires et d'autres personnes issues de toutes les couches socioprofessionnelles et venues de nombreux pays du monde. En 1988, c'est environ sept mille personnes qui avaient pu ainsi venir vivre en Virginie des expériences d'ENOCs. Voici par exemple le récit d’un ENOC vécu par un directeur administratif[5]  à l’Institut Monroe :

– En ce moment, je me déplace rapidement à l'intérieur d'un tunnel. J'étais debout et maintenant je suis comme aspiré par ce tunnel. Il est très étroit et maintenant je m'y élance vivement. J'ai aperçu un point de lumière à l'autre extrémité. Je m'achemine rapidement vers ce point de lumière. C'est comme si j'étais sur une sorte de faisceau lumineux qui me propulserait. J'en sors. Je pénètre dans une autre dimension et je viens de ralentir au maximum. Je me trouve exactement à l’ouverture de ce point de lumière que, maintenant, je franchis lentement. Tout est vert. La clarté contraste tellement avec l'obscurité du tunnel qu'elle en est presque aveuglante. C'est une sensation différente. Et maintenant, c'est comme si une énergie puissante m'étreignait. C'est une sensation extraordinaire. C'est une énergie d’une dimension nouvelle...

Et voici les récits de Martine (trente-deux ans) et de Pierre (quarante-trois ans) – deux des sujets sur lesquels j'ai travaillé lors de mes recherches.

Martine :

– Après quelques impressions vibrantes, je me suis sentie comme aspirée vers le haut puis j'ai flotté en toute légèreté pendant quelques instants. C'était une sensation très agréable, comme celle que j'ai quand je suis sur le Windjammer à Europa Park[6]. Ensuite, j'ai eu envie d'aller dehors et je me suis trouvée dans un endroit où il faisait jour (alors que chez moi c'était la nuit) : c'était un jardin un peu sauvage et il y avait des chatons qui jouaient ensemble. J'ai essayé de jouer avec eux mais ils ne se sont pas occupés de moi. Je me sentais jeune, même un peu enfantine, et un peu désappointée parce que le doigt que j'agitais pour amuser les chatons ne les intéressait pas...

Pierre :

– Je me suis d'abord vu couché dans mon lit et je me suis dit avec amusement que ma femme ne me laissait pas beaucoup de place. Puis j'ai eu l'impression de m'envoler. Je me suis ensuite trouvé dans un endroit très sombre qui s'est rapidement un peu éclairé et alors j'ai vu trois hommes debout côte à côte. Celui du milieu m'a tendu un objet, comme une sorte de pierre poreuse. Je l'ai pris en main et j'ai réalisé qu'il en émanait une odeur vraiment délicieuse. Ensuite les trois hommes ont disparu et je suis resté encore un peu à zoner à cet endroit, mais il n'y avait plus rien qui m'intéressait. Alors j'ai décidé de réintégrer mon corps et je me suis réveillé dans mon lit. J'ai reniflé ma main et, je ne sais pas si c'était de l'autosuggestion mais j'avais encore l'impression de sentir le parfum de l'objet... 

 

L’OBE, c’est la liberté

Des expériences faites avec des sujets (occidentaux) dans des laboratoires de parapsychologie ont prouvé que des individus en OBE ont parfois décrit des gens et des événements qui se trouvaient à distance d'eux (et qu'ils ne pouvaient donc pas connaître) : éléments qui, vérifiés par la suite se révélèrent exacts[7]. Plus rarement, on a aussi pu constater que la présence de personnes en OBE a pu être détectée par des capteurs physiques ou encore par des animaux [8].

L'OBE nous révèle la réelle liberté dont nous disposons si nous parvenons à des ENOCs : aucune limite n'existe, ni dans le temps, ni dans l'espace. Un passé lointain, un futur lointain, des lieux, sur terre ou ailleurs, matériels ou non matériels, nous sont potentiellement accessibles. En OBE, la géographie de l'Invisible est à notre portée, le contact avec des êtres étranges/étrangers ou encore avec ceux que nous aimons et qui sont loin – et même morts – est possible. Sont-ce là des réalités ? Ou non ? – à mon avis peu importe : ceci est une question qui, pour l'instant, est sans réponse définitive. On pourrait donc conjecturer à ce sujet et balancer indéfiniment entre le « oui » et le « non ». Une autre question me paraît bien plus féconde :

– À quoi et en quoi la possibilité d'expérimenter l'OBE peut-elle me servir ?

L'on constate que, sauf cas rares, vivre des ENOCs dont l'OBE épanouit, grandit, guérit, ou encore procure de la joie, des découvertes, du plaisir... En OBE, l'homme peut se sentir « plus » et « mieux ». Ceux qui passent par l'Institut Monroe de Virginie en reviennent grandis, avec la conviction qu'ils ne sont pas nécessairement engoncés dans leur corps physique et qu'ils peuvent pratiquer, connaître, contrôler et utiliser des modes d'être supérieurs, bénéfiques et constructifs pour eux-mêmes, pour leurs proches, pour l’humanité et pour la Vie...

Donc croire en l'OBE ou ne pas y croire n'est pas de mise car, comme à chaque fois qu'il est question d'ENOC, seule l’expérience vécue est significative, et celle-là ne peut être qu'individuelle, du domaine du privé, de l'intime conviction – la seule qui change réellement les êtres. Alors, posons une autre question :

– Mis à part Robert Monroe et sans doute les spécialistes des ENOCs, chamans et autres initiés, y a-t-il d'autres cas recensés de manifestation spontanée de l'OBE dans notre culture ?

Oui. Depuis 1945, de nombreuses enquêtes statistiques faites dans les pays anglo-saxons[9] l'ont démontré :

Un grand nombre de personnes (certaines enquêtes ont donné des chiffres allant jusqu'à 20 % ont expérimenté au moins une OBE dans leur vie.

Si vous-même interrogiez les personnes avec lesquelles vous entrez en contact, vous entendriez probablement des récits d'OBE de la bouche de certaines d'entre elles, comme j'en ai moi-même entendus dans le cadre de mes recherches. Parmi mes étudiants en ethnologie (je donne un cours sur la transe et les états non-ordinaires de conscience), il ne se passe pas une année sans que plusieurs d'entre eux ne me fassent part d'expériences spontanées d'ENOCS parmi lesquelles nombre d'OBE. Notons que de bons sceptiques pourraient dire que, dans ces énormes pourcentages d'Occidentaux ayant expérimenté des OBE, il y a de charmants « zinzins » ayant envie de se rendre intéressants – mais si nous ne prenions que 2% des humains disant avoir vécu une telle expérience, cela représenterait tout de même des millions de gens sur terre ! Ces sceptiques ont tort, car le phénomène OBE est attesté universellement. De plus, ces sceptiques pourraient bien avoir la surprise de leur vie si, en toute sincérité, bonne volonté, ouverture d'esprit et persévérance, ils s'entraînaient à l'OBE...

 

L’OBE est attestée par l'Histoire

C'est en 1978, lors d'une étude transculturelle menée par le professeur Dean Sheils à l'université du Wisconsin, que l'on a vraiment pris conscience que l'OBE était connue dans tous les pays, y compris occidentaux. Il n'y avait pas là de quoi être surpris : les recherches anthropologiques savaient déjà que, dans les conceptions et des traditions de tous les peuples, quelque chose de la conscience peut se détacher du corps dans certains cas. L'OBE est attestée partout :

  • En Égypte ancienne
  • Dans la tradition juive
  • Dans les traditions de l'Orient (yogi, taoïstes, sadhu de l'hindouisme, bouddhistes des trois Véhicules...)
  • Dans le chamanisme (chamans, guérisseurs, voyants, thaumaturges, medicine-men – des cultures traditionnelles...)
  • Dans l'islam mystique
  • Dans le mysticisme chrétien...

Vers 100 après J.C., Plutarque nous raconte l'aventure de Thespesios qui voyage dans les astres et dialogue avec les morts avant d'à nouveau réintégrer son corps endormi. Déjà, en 400 avant J.C., Platon nous avait transmis l'expérience analogue du soldat Er, laissé pour mort sur un champ de bataille. Aristote, Simon le Mage, Apollonios de Thyane, Basilides... ont semble-t-il vécu spontanément une ou plusieurs OBE.

L'Eglise, dans l’hagiographie, appelle ce phénomène « bilocation » – et c'est un nombre impressionnant de Saints qui sont réputés détenir ce pouvoir : Saint Ambroise au IVème siècle, Saint François d'Assise, Sainte Thérèse d'Avila, Saint Antoine de Padoue, Saint Augustin, Saint Alphonse de Ligori... Il n'y a d'ailleurs pas, et de loin, que des gens pieux à avoir connu et expérimenté l'OBE. On trouve aussi entre autres :

  • Giordano Bruno[10] en Italie
  • Alfred de Musset, Maupassant, Baudelaire, Daumal, Michaux... en France
  • Goethe en Allemagne
  • D.H. Lawrence,  les poètes Tennyson, Shelley et William Blake... en Angleterre
  • Le britanno-hongrois Arthur Koestler
  • Poe, Aldous Huxley, Jack London, Hemingway, Charles Lindberg... en Amérique.

Il faut bien arrêter la liste ici, mais elle pourrait s'allonger encore.

 

NDE – near death experience

Il faut ici évoquer encore une variété d’OBE appelée NDE (Near Death Experience = expérience de mort rapprochée, en français EMI = expérience de mort imminente). Depuis le milieu des années 1970 et la parution du premier livre du Dr Raymond Moody[11], des ouvrages parlant de la vie après la mort regorgent de récits authentiques de personnes en état de mort clinique et qui ont alors vécu une NDE. Cet ENOC est techniquement proche de l’OBE, toutefois il est marqué la plupart du temps par une rencontre avec quelque chose qui est ressenti de l'ordre du transcendant (ce qui se produit plus rarement dans une OBE). Les statistiques aujourd’hui estiment au nombre d'environ huit millions les Américains ayant expérimenté une NDE[12] ! Je ne m'étendrai pas davantage ici sur cet ENOC pour des raisons évidentes : cet ENOC ne se manifeste que lorsque des fonctions vitales sont gravement en danger ou arrêtées[13].

 

Le Voyage Chamanique

Revenons à l'OBE.

Le voyage hors du corps est donc une expérience relativement répandue. Malheureusement, le manque de connaissances qu'ont la plupart dans ce domaine fait que ceux qui en font l’expérience sont souvent effrayés voire paniqués : la sortie spontanée hors du corps est alors interprétée comme une crise d’ampleur variable – cela s’étend de la peur de la folie à celle de mourir. C'est toutefois l’ignorance qui génère ces aspects traumatisants, car le phénomène en lui-même est inoffensif (sauf si l'on a peur, car la peur « colore » ce qui se passe et risque de le faire interpréter négativement).

Il y a de grands avantages à apprendre et à maîtriser le voyage hors du corps : cela peut amener de profonds changements du fait de la connaissance/compréhension que « je » n’est pas uniquement le corps physique mais que c'est également autre chose – un esprit indépendant qui peut s'affranchir des lourdeurs de la matière et aller explorer d’autres univers.

Cela développe une grande souplesse d’esprit, une belle faculté d’adaptation, le développement de la solidité de la personnalité et une curiosité éveillée...

Ces qualités-là sont d'ailleurs le lot des chamans et il n’est pas étonnant que dans leur panoplie de techniques psychomentales il y ait le voyage chamanique qui est souvent une OBE. Ce voyage chamanique poursuit des finalités utiles : soigner un malade, aider la communauté de quelque manière. Bien entendu, le chaman peut aussi aller explorer les multiples facettes de l’Invisible, toutefois sa fonction principale est celle de guérir, d'améliorer le vécu des siens et souvent aussi de « prévoir ».

Les capacités qui peuvent se développer chez celui qui pratique le voyage chamanique et l’OBE sont assez étonnantes. La sensation de liberté et de maîtrise de sa destinée donne une nouvelle dimension à la vie et à l’être : une meilleure compréhension du fonctionnement des autres et de soi-même, une plus grande tolérance vis-à-vis des semblables, ainsi qu’un plus grand respect de la Terre-Mère et de tous ses habitants. Peuvent aussi se développer des facultés mentales nouvelles, comme une pensée hors du temps et de l’espace : des facultés parapsychologiques (par exemple : télépathie, précognition, etc.). La capacité de stimuler les forces d'autoguérison chez soi et autrui survient aussi parfois.Maîtriser le voyage hors du corps signifie, en quelque sorte, devenir chaman et, aussi, assumer la responsabilité de diriger consciemment les rênes de son destin : ne plus croire être tributaire des événements de notre quotidien.

Maîtriser ce monde au-delà de notre corps physique implique la possibilité de se diriger, de connaître sa destination. Pour cela nous disposons de plusieurs possibilités. Tout d’abord, les Aides ou Inspecs sont là pour guider, former et instruire. Il faut entrer en contact avec eux et leur demander aide et assistance dans cette découverte d’un nouveau territoire.

Et puis, nous disposons de « cartes géographiques ». Comme les explorateurs des temps anciens, tel Christophe Colomb, les connaisseurs de l’outre-monde nous ont laissé des indications pour nous diriger dans cette immensité multidimensionnelle.

Nous pouvons nous référer aux systèmes des grandes traditions qui ont « cartographiés » l’Invisible : Bouddhisme, Kabbale, Chamanisme... Chacun y trouvera le système qui lui convint le mieux. Robert Monroe nous a laissé une cartographie « moderne » qui synthétise relativement clairement les différents « lieux » de l’outre-monde.

 

Le seul Obstacle est la Peur

Dans tous les cas, le voyage chamanique et l'OBE sont révélateurs et transformateurs,

Mais seulement une fois dépassée la peur ou et le sentiment d'étrangeté, une fois acceptée la perte des repères habituels.

Car la peur est le seul et le plus ennuyeux obstacle. En fait, il n’y a aucun danger réel à l'OBE : comme je l'ai déjà souligné plus haut, c’est la peur en elle-même qui est le plus grand risque que l'on puisse courir. C’est elle qui vous fera interpréter ce que vous rencontrez en mode redoutable et c'est encore elle qui faussera votre jugement ou votre adaptation.

La barrière des émotions et de la peur est ardue à franchir pour certains et c’est cela qui rend l’OBE difficile d’accès. Cependant la patience et la persévérance peuvent finir par vaincre cet obstacle, si toutefois vous désirez expérimenter ces ENOCs : si c'est bien le cas, l’exercice qui suit pourra commencer à vous familiariser avec l’OBE.

Ensuite, retrouvez-moi pour la suite de votre périple dans le monde des ENOCs, car vous allez avoir le privilège de rencontrer le dragon mythique qui garde la caverne aux multiples trésors.

Et ces trésors, ce sont les pouvoirs des ENOCs...

 

-oOo-

 

EXERCICE

Cette technique pour faciliter la sortie du corps nous vient d’un ésotériste et mage occidental, Franz Bardon qui savait de quoi il parlait. Voici la procédure :

  • Asseyez-vous devant un miroir dans lequel vous vous voyez en entier
  • Gardez les yeux ouverts
  • Décrochez progressivement de l'ECO et relaxez-vous en respirant profondément et calmement 50 fois et en fixant toute votre attention sur votre respiration : observez-la, suivez le trajet de l'air dans les voies respiratoires – du nez jusqu'aux poumons, puis des poumons jusqu'au nez
  • Fixez intensément votre propre image dans la glace
  • Cherchez à projeter votre conscience dans votre Moi du miroir, de manière à vous voir de là-bas, assis ici en chair et en os.

C’est assez difficile à réussir, car vous serez confronté à une grande barrière d’émotion et de peur et, pour parvenir à une OBE, vous devrez dépasser cette barrière.  Lorsque vous serez parvenu à sortir ainsi de votre corps, voici les étapes suivantes :

  • Contentez-vous de visiter, en esprit, uniquement votre lieu de résidence pendant quelques semaines;
  • Ensuite, allez à l’extérieur et, pendant quelques mois, promenez-vous dans le quartier et la ville, sans trop vous éloigner, de manière à acquérir de l’expérience.

 

Ce n’est qu’ensuite que vous pourrez aller plus loin. Ce  sera à votre choix, à votre envie d'expérimenter et de découvrir...



[1] - Ces techniques utilisaient un magnétophone qui débitait les cours à apprendre pendant que le sujet dormait. La théorie voulait que de cette manière l'acquisition des informations se faisait mieux. Des recherches postérieures ont montré que cette théorie était fausse et cette méthode n'est plus guère utilisée.

[2] - Robert Monroe - Fantastiques Expériences de Voyage Astral - Ed. Robert Laffont et Le Voyage hors du Corps – Éd. du Rocher.

[3] - Auteur de la « bible » en matière d'ENOCs : Altered States of Consciousness – malheureusement non traduit en français.

[4]- Le techno-chamanisme est l'utilisation des moyens offerts pas la technologie de l'Occident pour favoriser l'accès aux ENOCs. Pour en savoir plus, mon livre : Ganzfeld, Biofeedback, Binaural, Subliminal – Neo-Chamanisme (www.neo-cortex-editions.com).

[5] - Fantastiques Expériences de Voyage Astral - page 59.

[6]- Europa Park est un parc d'attraction en Allemagne du sud-ouest. Le windjammer est une de ses attractions : un grand bateau/balançoire dont l'amplitude de balancement est très grande et crée des sensations d'apesanteur.

[7]- Voir :

  •  Alvarado, C. S. : Out-of-body experiences in Varieties of anomalous experiences (2000). Publié par The american psychological association (pp. 183-218).
  • Tart, C. (1998) : Investigating altered states of consciousness on their own terms : A proposal for the creation of state-specific sciences. In Ciencia e Cultura – Journal of the Brazilian Association for the Advancement of Science n°50 (pp. 103–116).

[8]- Osis, K., & McCormick, D. (1980) : Kinetic effects at the ostensible location of an out-of-body projection during perceptual testing. Journal of the American Society for Psychical Research, n°74 (pp., 319-330).

[9]- Ces enquêtes ont été diligentées dans des contextes universitaires (Universités Duke, du Wisconsin...) et supervisées par des scientifiques de renom (entre autres : les professeurs Tart, Green, Palmer, Haraldson, Blackmore, Sheils...). Selon ces enquêtes : ce sont de 10% à 20% de sujets interrogés qui ont dit avoir vécu une ou plusieurs OBEs spontanées.

[10] - Érudit mort sur le bûcher à Rome, le 16 février 1600, pour avoir défendu les théories de Copernic.

[11]- La Vie après la vie (1975), Éditions J'ai lu, coll. L'Aventure mystérieuse.

[12] - Environ 10 à 20% des personnes ayant été en état de mort clinique ont alors expérimenté une NDE. A ce jour, je connais personnellement trois personnes ayant fait cette expérience.

[13] - Je renvoie mon lecteur qui serait intéressé par le sujet aux livres de R. Moody, E. Kubler-Ross, P. Van Erseel, F. Brune, H. Knoblauch... Voir aussi :

http://iands-france.org.pagesperso-orange.fr/FRAMES/frame.html.